Par Madame Jean-Paulka Rbone XIV

1er épisode

 

 

Dans le salon de la maison, l'atelier sur les "mecs bisexuels" avait plutôt bien commencé. Ils s'en prenaient plein la gueule, se faisaient critiquer, insulter et moquer.
Nous cancannions à fond. Nous avions besoin de nous faire du bien. De nous venger. La plupart d'entre nous étions souvent tombés amoureux de ces êtres peu sensibles. Nous avions couché avec eux, nous les avions sucés, nous avions bouffé de leur sperme qui n'avait pas toujours été le meilleur, pour que, finalement, ils finissent par nous abandonner. Sans un mot, ou avec peu d'explications, puisque la majorité d'entre eux n'aimaient pas qu'on leur prenne la tête.
Suite à leur dévergondade, ils couraient alors chez eux, les aisselles mouillées, les yeux vides et l'haleine fétide, suant honte et culpabilité, afin d'accomplir avec maniaquerie leur diktat paternalothoritaire, et ainsi contribuer au gigantesque et délirant projet moisi de la famille hétérosexuelle.
Ces histoires amères plombaient nos coeurs sucrés de tarlouzes. Nous avions mangé du goudron et des plumes, ce que les bisexuels ne sont même pas capables de faire dignement non plus.

Parce qu'il fallait politiser nos colères, nous nous étions mis d'accord sur quelques points :
le bisexuel est un mec hétéro libéral (insulte suprême, qu'il mérite néanmoins!) ; l'hétérobis profite des hommes et des femmes, en jouant à touche-pipi le mardi soir, en nous laissant en larmes dans ses sacs poubelles en fin de nuit, tout en abandonnant sa femme qui doit se taper la vaisselle et le couchage des mômes ; le bisexuel est veule, piètre et lâche ; il paraît qu'il existe des homobisexuels mais pour nous c'est du délirium hétéro ; tous les bisexuels sont pareils.

Il y avait bien là, allongé sur un des canapés installés en cercle, afin qu'on puisse se voir et savoir qui cause, un petit emmerdeur qui se prenait pour un grand malin en nous disant que "non" les bis ne sont pas tous pareils ou qu'il en existait aussi des sympas. Ce que d'aucun d'entre nous n'avaient encore constaté jusqu'à ce jour. Le grand malin nous rappelait qu'il y avait différents types, ce que nous savions déjà pour avoir testé les différents niveaux de lâcheté affective qui les caractérisaient.
Puis le grand emmerdeur nous a demandé pourquoi nous tombions si souvent amoureux-accros-à-en-crever des hétéros ou autres misères, si nous leur en voulions tant ?
Une grande tapette ne s'embarrasse jamais à répondre aux questions futiles et obsolètes, qui nécessitent qu'on s'explique, qu'on se justifie, qu'on s'autopsychanalyse ou qu'on se flagelle. On est amoureux de qui on veut, quand on veut, parce qu'on le vaut bien. Et on exècre les principes d'hétéroland.

Avec le temps, et grâce aux interventions nuisibles du petit malin, la discussion tournait en ronds de plus en plus larges. Troisième étape de notre atelier, après celle des témoignages et celle de la politisation de nos rages, il nous fallait réfléchir ardemment sur le type d'actions directes à envisager. Qu'est-ce qu'on pouvait faire ? " Quoi faire? " était une question très importante pour les miliTantes et activistes radicales que nous sommes. Nous devions être efficaces et concrètEs.
Nous avons alors décidé que dorénavant nous sucerions les bis avec les dents. Pour que ça leur soit désagréable. Pour que ça leur fasse mal. Pour qu'ils soient marqués à vie et qu'on puisse les reconnaître dès qu'ils enlèvent leur slip.
Nous nous sommes résolus à ne plus jamais croire un bi qui nous dit " je t'aime ". C'est un mensonge, une parodie d'histoire d'amour, alors qu'il a juste envie de se vider le jus de testicules avec un keum.
Malgré les apparences, ça va être extrêmement difficile pour nous. Il va falloir prendre sur soi. Garder la tête haute et le menton droit. Il faut comploter avec les copines des bis afin qu'ils se fassent jeter par l'une et l'autre (la tapette) à une journée d'intervalle.

On ricanait à se chialer dessus., lorsque soudain... un jeune homme de ferme est passé devant les fenêtres de la maison. Les tantes et les pédés, pourtant en plein complot révolutionnaire, se sont soudainement transformées. Elles se sont mises à jacasser et à picorer des yeux pleins d'étincelles dans toutes les directions. Des petits cris stridents d'adrénaline s'échappaient de quelques gorges. Les coeurs s'enflammaient. Les libidos trépignaient. L'air était très agité.
- Un bi, un bi ! s'est exclamée la pédale punke.
- Où ça ? Où ça ? je l'ai pas vu ! s'est inquiété affolé le pédé décoiffé multicoloré, l'orbite pétillante comme un seau de mousseux pas cher, déchirant ses cordes vocales en cherchant du regard le garçon fermier.
Je me roulais une clope, frébile, décontenancée, avalait la fumée de travers et toussais poumons, bronches et alvéoles.
Le Tatanic atteignait son rythme de Croisière. Nous étions les Reines du monde.


2ème épisode

 

 

Si le premier amour est toujours le dernier, alors pour moi ça a été Bruno, et bref. J'aurai marché à genoux pour lui, moi qui ne crois pas en dieu. Je lui pardonnais tout, et le reste, moi qui était intransigeant. Je l'aimais aveuglément, moi qui porte des lunettes. On s'embrassait en cachette, on se tenait la main en cachette, on se regardait en cachette parce que nos yeux parlaient sans faire de bruit, on dormait et on baisait en cachette. Nos amours étaient notre jardin secret, ce qui les embellissait davantage.
J'aurai préféré mourir déchiqueté dans un crash de bagnole avec lui plutôt que de supporter chacune de ses absences.
Il m'amenait au lycée en DS super frime. J'allais le chercher à son boulot à pied. Il vivait chez mes parents où rien ne devait paraître. Absolument rien. Rien de rien.
Puis un jour, on s'est fait griller. On s'est pieuté ensemble et on s'est pas réveillé à temps... Il a fallu deux jours pour qu'une guerre hétérohystérique se déclare ouvertement à la maison. Bruno a été foutu à la porte. Je suis parti avec lui...

Je n'ai, donc, guère eu de problème à faire mon coming-out auprès de celles et ceux qui m'ont servi de famille.
Je me suis alors demandé ce que j'allais bien pouvoir raconter à l'atelier " coming-out " de la Croisière V. ChacunE d'entre nous à son traje là-dedans, coincé entre la violence et le folklorique. Rien d'extra pour une tapette, si ce n'est les séquelles qui restent et s'incrustent.
On a pas mal ricané lors du premier atelier sur le sujet. On s'est raconté nos histoires parfois lourdes de souffrances ou d'envie de mourir. Ce qui, effectivement, peut arriver à me faire rire, de dérision ou par cynisme.
Mais on ne savait pas trop comment en parler autrement que de la façon dont les magazines gays commerciaux l'abordent. On a fait un deuxième atelier où on a essayé de politiser l'affaire. Puisque le privé est public, chacun de nos coming-outs pouvait être visibilisés, collectivisés puis politisés. Alors, on a gratté avec nos ongles pour savoir c'était où et quand le coming-out. On n'a pas trouvé de merveilles.
Il y avait-là un petit emmerdeur qui se prenait pour un grand malin, qui faisait tourner la discussion en ronds de plus en plus grands, auquels nos déficiences intellectuelles n'ont pas su résister.

Enfin ! Aujourd'hui, j'ai décidé de faire mon coming-out à la planète entière, à toutes celles et tous ceux qui lisent BangBang :
" Moi, Madame Jean Polka Rbone XIV, déclare sur l'honneur être sexuellement pédé, et socialement folle. Lu et approuvé, le17 octobre 2000.
PS : Je vous autorise à le répéter à vos parents, frères, soeurs, familles sanguines, consanguines ou autres. "


3ème épisode

 

 

Il y a quelques années, je me suis acheté un dictaphone dans un hyper marché. J'ai pris le moins cher puisque je suis RMiste et que je dépense la moitié de mon argent social dans l'alcoolisme ordinaire.
A l'époque, mon égo était déjà suffisamment développé pour m'imaginer que j'étais un petit génie sans le savoir, coincé entre le rêve, la réalité et la folie. Il me fallait donc absolument un dictaphone que j'emmènerai partout avec moi et qui me servirait de confident, de journal intime ou de travail. Je pouvais parler dedans ou y enregistrer des airs de musique qui me passaient par la tête, moi qui avais l'impression d'être en composition permanente, et qui ai toujours rêvé d'être à la fois le Jimmy Sommerville francophone et le Boy George des années 90. Ce que je n'ai jamais réussi à être.
Rien de plus qu'un échec en plus. Je ne me suis donc très rarement servi de mon dictaphone.
Je l'ai donc sorti de sa poussière pour l'emmener à la croisière V ou j'ai enregistré quelques discussions d'atelier.

...Un mois plus tard, le 11 novembre, journée des mutilés :
En réécoutant les cassettes je me suis aperçu que du mauvais matériel fait du travail à bon marché. Les enregistrements sont audibles à pas chers. J'ai l'impression d'avoir à retranscrire des discussions en noir et blanc, des vieilles conversations du XIXème siècle. Les voix sont faibles. Le souffle est fort. La bande-son pourrait craqueter mais elle ne craquette pas.
Je reconnais, cependant, qu'il s'agit bien d'une réunion entre tapettes et pédés que j'essaie de retranscrire là, rien qu'aux accents et aux timbres des voix. Voici, décodé, quelques échantillons de nos palabres.

La construction du masculin et du féminin dépendent de notre culture, de notre éducation. Un des participants a grandi avec une mère autoritaire et un père plus sensible, les rôles étaient plus ou moins inversés. Difficile pour lui de capter ce qui est masculin et féminin même si des grandes lignes s'en dessinent. Il s'est rarement fait traiter de pédé pendant son adolescence. Il ne s'est jamais battu, n'a jamais ressenti d'agressivité, ne se sent pas machiste. Il ne ressent pas le besoin de se travestir. Par contre, l'histoire des transgenres l'intéresse plus.
Le transgenre, sans les stéréotypes travestis, sont plus subversifs, rajoute un participant.
Soudain, un petit emmerdeur qui se prend pour un grand malin pose une question pour nous faire tourner en rond : les folles sont-elles plus stigmatisées chez les pédés que les camionneuses chez les lesbiennes ?
Koik ?! Nous n'avons pas de réponse.
S'en ait donc suivie une discussion comparative qui tourne en plat sur les formes d'oppressions. La femme hétéra est-elle plus opprimée que la folle ? Est-ce qu'on entend plus souvent sale gouine que sale pédé comme insulte dans la rue ?
Rekoik ?! Nous n'avons toujours pas les réponses. Nous avons trouvé un consensus lorsque nous nous sommes entretenuEs sur les bisexuels. Ils sont terriblement " bip " (inaudible...).
Puis le petit emmerdeur repose sa question : " Vous savez la question que je posais tout à l'heure sur les camionneuses, sont-elles autant stigmatisées chez les lesbiennes que les folles chez les pédés ? Je la pose comme ça parce que j'en sais rien, mais si vous avez des informations là-dessus. Vous ne savez pas ça ? "
Non.
Un pédé se verse du thé dans une tasse tout près du dictaphone. Je n'entends que le bruit du liquide chaud qui coule. Le reste est inaudible.
Puis, une autre question est posée. Nos attitudes féminines sont-elles reproduites, imitées, ou intégrées, demande l'un d'entre nous à qui son père hétéro disait qu'il courait comme une fille.
Le grand malin : " oui, c'est vrai que les filles ne courent pas de la même manière que les mecs ".
- Bin moi je trouve pas ! répond le premier.
- Tu trouves toi ? Tu trouves que c'est pareil ?
- Bin ouai ! Ché pas, vous en pensez quoi ?
Je me mêle au litige à ce moment-là en mimant, subtilement des jambes, la façon dont les filles et les garçons courent. Puis, afin d'argumenter ma démonstration sur les codes de la gestuelle, je mime, tout aussi subtilement, la façon dont les garçons et les filles sont sensées s'asseoir. Les garçons s'assoient les jambes écartées à 9 heures et quart pour nous faire croire qu'ils ont 1/2 quintal de bidoche entre les jambes, et les filles les jambes serrées pour ne pas avoir en permanence les yeux des gars collés à leur culotte.
Le débat sur les façons de courir ou de s'asseoir s'étale. Il y a des attitudes qui se reproduisent. Tout le monde n'est pas d'accord. CertainEs ne savaient pas ou n'avaient pas fait attention à ces petits codes de l'être et du paraître. ChacunE parle sans écouter l'autre.
Un copain se rappelle qu'on lui disait qu'il se déplaçait comme une fille parce qu'il marchait " comme sur la pointe des pieds ".
- Pour être une folle radicale, il faut sortir avec une folle, parce que, que tu le veuilles ou non, dans un couple homo on reproduit toujours les schémas hétérosexués, nous dit une camarade. Et refuser tout acte de pénétration! rajoute-t-elle.
- Ah? Ba oui... semble approuver dubitativement un autre.
Puis on en rajoute une couche sur les bis. Il ne faut effectivement plus se faire pénétrer par les bis. Avec les bis, c'est non! Surtout que c'est des vicelards.

La camarade folle raconte qu'elle est sortie plus souvent avec des mecs virils que folles, que c'est une très grande contradiction pour elle. Je lui dis que pour moi c'est plus agréable d'être avec un garçon masculin, qui paraît être sûr de lui, que c'est extrêmement reposant, ou du moins que ça me reposerait car ça ne m'arrive jamais (en tout cas, pas assez souvent). Que l'assurance de l'autre n'est qu'une impression. Que de paraître assuré n'est pas forcément du machisme.
Divina précise que le genre masculin est dérangeant lorsqu'il fait violence. Ça y est, c'est partie en quatrième vitesse, je ne peux plus m'arrêter de parler. J'ai les enzymes du blabla qui trottent dans tous les sens. Alors je parle en grande psychanaliste de la mauvaise herbe, dis qu'on rejoue des rôles, ceux de nos parents puisque ce sont les premiers auxquels nous avons été confrontés, puis ceux des gens qu'on a croisés sur notre chemin.
Quelqu'unE tente de me couper la parole. Elle échoue. Alors je continue et je précise brillamment qu'on joue toujours des rôles, comme le souligne si bien la théorie queer. Qu'il y a des matins où on se sent un peu plus masculin ou féminin. Que ce sont des rôles conscients et inconscients.
J'ai la cervelle qui fume. Je parle au galop. Je dis qu'un macho joue un rôle aussi. Que la virilité et la féminité sont aussi des rôles de séduction.
Qu'on joue avec ça selon nos humeurs du matin ou du soir.
Je parle je parle je parle. Je n'écoute plus que moi. Je pourrais être seul au monde avec mon dictaphone, lui expliquer à quel point j'étincelle d'intelligence. Je brille. Je suis la reine du nombril.
- Ce que tu veux dire c'est que le genre n'est pas stable?
- Oui, c'est ce que tu disais aussi.
- Le genre n'est pas stable chez nous?! Demande le malin, plus ou moins sous forme d'affirmation.
- Non, chez tout le monde.
- Oui, mais ça l'hétéro va pas vouloir le voir.
- Oui, c'est parce qu'il se contente d'un seul rôle. Nous sommes un artifice de lumières, nous pourrions avoir réponse et solution à tout. Le monde est merveille.
- Mais justement, comment peut-on faire progresser cette prise de conscience, tu vois? nous redemande le copain malin comme s'il s'adressait à l'avant-garde mondiale de la transformation des moeurs.
Nous ricanons comme si, pour nous, tout était déjà joué. Les dés sont jetés, mon chéri. Une grande partie de la population hétéromec est déjà perdue et quasi engloutie dans les moisissures de sa propre histoire. Il ne lui reste probablement plus que ses yeux pour nous implorer, et ses croix à porter comme fardeau. Nous pourrons faire quelque chose, tendre nos bras, nos mains, nos doigts pour secourir ceux qui sont passés par les groupes proféministes. Pour les autres, il ne reste que la tourmente.
Nous discutons donc longuement sur la façon dont il pourrait être possible de rééduquer les hétéromecs. Nous précisons que ça ne va pas être facile, surtout avec les rugbymans. Que beaucoup n'ont pas envie que ça change. Que ça remet trop en cause leur position privilégiée. Un copain: "On a qu'à monter un collectif hétérophobe et biphobe, voilà!".
- C'est vrai que lorsqu'on parle d'homophobie, on se fait traiter d'hétérophobe, rajoute la camarade folle.
- Moi, ça me gêne pas de me faire traiter d'hétérophobe, dit Divina. D'ailleurs, je le suis peut-être un peu.
- Oui, moi aussi, approuve dans un même élan le reste des participantes.
Le copain malin dit qu'il ne faut pas être comme les homophobes, qu'il ne faut pas utiliser les mêmes armes que l'adversaire. Divina précise qu'il ne s'agit pas des mêmes armes, qu'on ne peut pas comparer l'hétérophobie avec l'homophobie puisque les hétéromecs sont la classe dominante.
- Oui, mais il ne faut pas les haïr, dit le malin.
- Si. En tout cas, parfois c'est salvateur pour soi-même.
- C'est pas de la haine.
Comme je suis futé et digourdi, je précise qu'il n'y a encore aucune personne au monde qui ne s'est fait assassiner à cause de son hétérosexualité. Que nulle part au monde, des gens sont condamnées pour hétérosexualité. Etre hétérophobe est une réaction qui ne met pas en danger beaucoup de gens et qui est salvatrice pour nous-mêmes. Ce n'est pas gênant. De toute façon, les hétéros, on vit aussi avec, et caetera.
- Ce que les homophobes reprochent aux gais c'est notre sexualité, dit la camarade folle à bout de souffle, alors que nous, on leur reproche leurs comportements et leur place dominante, ce n'est pas pareil. Moi je m'en fous de leur sexualité.
- La critique hétérophobe n'est pas dangereuse, elle est déstabilisante, c'est ça qui m'intéresse, dis-je. Elle permet de progresser. Ça ne me gêne pas qu'on me traite d'hétérophobe non plus.
- La non-mixité gaie est souvent jugée hétérophobe, ajoute Divina, alors que la non-mixité hétéro est partout et permanente.
- C'est comme pour les femmes qui se réunissent en non-mixité, elles sont traitées d'anti-mecs. Les black-Panthers aux Etats-unis étaient traités de racistes. En tout cas, la non-mixité permet de grandir.
- Et la non-mixité lesbienne est très mal perçue chez les pédés.

Le souffle de ma cassette souffle très fort. On parle de la non-mixité de La Croisière. Que là, on n'a pas besoin de tout expliquer. Qu'on se comprend plus facilement. Que de vivre ensemble, c'est vachement bien. Que la mixité c'est consensuel, surtout pour nous d'ailleurs.
Le punk pédé essaie de recentrer la discussion autour de son thème d'origine, notre féminin.
- Je me rappelle, j'ai un vague souvenir de ... dit-il.
La cassette souffle très fort. Puis s'arrête.

C'est fini.
Dans la cuisine Miss Sirène du Lac Léman coupe ses légumes et prépare le souper.

11 novembre 2000

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