Atelier
"Politisation de la perversité/ sexualités déviantes"
- Réactions-
Par
XanaX Bitch
J'ai envie
de parler de cet atelier qui a eu lieu à la dernière Croisière.
R. a présenté cet atelier un soir de Croisière. Il
a commencé son atelier par une performance/exhibition: torse nu,
R. s'est transpercé la peau d'un certain nombre d'aiguilles (qu'il
a gardées une heure ou deux). Au préalable, il s'était
aussi badigeonné de cire brûlante. Puis, transpercé
comme une passoire qu'il était, il nous a parlé de ses pratiques,
de sa manière à lui d'accéder à de "
nouveaux " plaisirs, à l'orgasme. Il a tenté de politiser
tout ça. Brillant, passionnant, fascinant, excitant, perturbant.
Merci encore à R. pour son show et son exposé.
Dans son discours, R. différencie bien les pratiques SM des pratiques
hard; il n'utilise pas la terminologie Soumis/Dominateur et préfère
parler de Receveur/Donneur. D'ailleurs il insiste bien sur le fait que
ses pratiques SM ne sont pas des pratiques SM classiques, il parle même
de SM chamanique. Ce qui m'a le plus intéressé, c'est la
" dégénitalisation " des pratiques sexuelles/sensuelles.
Pouvoir prendre son pied avec son avant bras, son torse ou sa nuque par
exemple, je trouve ça gé-ni-al ! C'est quand même
plus subversif qu'une bite qui gigote dans un vagin ou un rectum, non
? Et c'est tellement plus queer !
Et puis ça m'a quand même bien remis en question, moi qui
me définis " gay radical ", moi qui ne jure que par le
séparatisme et la non-mixité. Pourquoi ne pourrais-je pas
m'envoyer en l'air dans une séance SM avec des hétéras,
des lesbiennes, des garçons bisexuels ou hétéros
?
Bref, mon propos n'est pas de retranscrire ici tout ce que nous a raconté
R., il était bien trop brillant pour que je le paraphrase.
Lors de cet atelier, j'ai eu l'impression que tout le monde dans l'assemblée
a apprécié cet atelier fort instructif. Il en est ressorti
que "ça n'est pas violent". Et c'est là que moi
je suis un peu frustré par rapport aux attentes personnelles que
j'avais à cet atelier. Pour " politiser " ces pratiques
" perverses " il me semble pourtant que la violence est au cur
du débat. Sublimée, caricaturée ou mise en scène,
la violence (ou des représentations de la violence) est bel et
bien présente dans certaines pratiques hard/SM, en tous cas dans
celles que je pratique.
Comment " politiser la perversité " en éludant
aussi facilement les représentations de violence dans des rapports
SM/hard/pervers/déviants (au stade où j'en suis, je ne fais
pas vraiment la différence entre pratiques hard et SM).
Que dire des pratiques (consentantes bien-sûr) où on se frappe,
on se brûle, on se ligotte, on se pisse dessus ou dans le Q, on
s'humilie, où on se traite de " chienne " ou de "
salope ", où on se crache des gros mollards à la gueule,
on se torture les têtons, où on s'étrangle?
Politiquement, que faire de ces pratiques qui font clairement référence
à la violence, qui peuvent faire allusion au viol, au passage à
tabac?
Donc voilà, je fais pas beaucoup avancer le débat, mais
j'avais besoin d'exprimer mes quelques frustrations en espérant
qu'on s'attaquera à ces tabous ultérieurement.
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