![]() |
En fréquentant les milieux gais de nos villes, on a souvent l'impression de ne pas avoir grand-chose en commun avec les pédés en général à part l'oppression qu'on subit passivement. Mais on a en commun le coming out, ce moment où l'individu pédé commence à gérer activement sa place d'opprimé. Comme nous l'avons constaté lors de la dernière Croisière, le coming out est un processus constitué de trois composantes : le coming out intérieur (ou psychologique), le coming out extérieur (ou social) et le coming out au quotidien. Ca ne se passe jamais sans complications psychologiques et ça marque profondément le vécu. Certains font leur coming out à 15 ans, d'autres à 40 ans. Certains rejoignent le milieu gay pour faire leur coming out, certains rejoignent des associations. Les mécanismes sociaux, inhérents à la famille et à l'école ne semblent pas vraiment faciliter le coming out. Et un environnement rural n'y est certainement pas propice. Le milieu gay urbain est-il le paradis du jeune pédé ? Comment trouver et choisir ses partenaires sexuels ? Comment les draguer ? Qu'est-ce qui complique les rapports sexuels et amoureux avec des bi ou des hétéros ? Comment gérer les contradictions de la beauté physique ? Comment concevoir la relation d'amour ? Qu'est-ce que la jalousie ? Quelles sont les alternatives à la monogamie possessiviste ? Quel est le rapport entre la sexualité, l'amour et l'amitié ? Faut-il être en amour avec tous ses partenaires sexuels ? Est-il mal de baiser au parc avec un inconnu ? Je tiens à remercier Elvire de la Cutille et son top model pour la réalisation photographique de la sortie du placard pour ce dossier. Balisage du dossier Ce dossier te donne quelques réponses et pose tout plein d'autres questions. Tu y trouveras aussi bien des témoignages que des analyses théoriques. Pour commencer, Mary Long elle-même se pose la question Pourquoi je n'ai pas fait mon coming out plus tôt?. Elle pense avoir gâché une bonne partie de sa vie et constate qu'il est important de parler de soi-même, de son coming out. Fiottina Nalle parle des complications qu'elle rencontre dans ses relations sociales avec les mecs zétéros. Elle explique son choix de s'entourer plutôt de pédales et explique Pourquoi je n'ai pas de copains hétéros. Une vie différente. Pour M. de B., la première expérience sexuelle a tourné au viol, ce qui l'a empêché pendant longtemps de concevoir l'amour et la tendresse. Rien ne se demande, tout se prend ou s'apprend. Arlette des Jeunes Rives se passe de politesse. Rien ne semble acquis sauf la bite. Le coming out, un apprentissage. Mettant en cause la tolérance parentale, Lady Di-Les Tantes dénonce le manque de communication familiale qui l'a enfermée dans le silence. Elle avance sur Le chemin qu'il reste à faire. Le suicide repoussé. Choisir de faire son coming out peut éviter un suicide. C'est ainsi que c'était pour Sissy, Impératrice du Désert. Le coming out permet à un jeune pédé d'enfin s'expérimenter dans les relations amoureuses. La relation de couple possessive peut prendre des formes violentes et dangereuses. En témoigne Marc B. dans Violences conjugales masculines Le p'tit punk à la crête rose fluo est passé Du coming out à l'hétérophobie. Il défend l'hétérophobie qui combattrait le système oppresseur, l'hétérosexualité. Inferna K. voit le coming out comme le Début d'une libération. Elle insiste sur l'importance du domaine linguistique : pouvoir nommer le coming out permet d'en parler et de le vivre. Souvent c'est le père qui rend insupportable le foyer familial. Face à lui, il peut être utile parfois de replacer les points sur les i. L'auteurE anonyme s'adresse au patriarche dans la Lettre à mon père. En tant que pédé pas comme les autres, on ne veut souvent pas du milieu gay, on cherche sa place ailleurs, non sans complications. Funky Punky Boy se sent plutôt seul dans sa radikalité locale en constatant qu'il y a No pédé dans les squats anarkolibertaires. Délégitimer la famille. Alain Piriou analyse et critique les mécanismes familiaux. Quant au débat sur le coming out, il trouve que le milieu gay associatif attribue une place trop importante à la famille. Pour lui, le coming out auprès de la famille représente une option et non pas une obligation. D'abord : coming out. Puis : no future ? Nuttella de Lirio analyse tout d'abord la notion d'identité. C'est sur la base des différences conceptuelles de l'identité gay qu'elle divise les militantismes homos en deux catégories . Opposée à l'intégrationnisme, elle opte pour le séparatisme gay qui n'est plus vraiment à la mode depuis bientôt trois décennies. Quel avenir ? Les bis ne sont ni homos ni hétéros ? Lady Strass Taroute analyse ses expériences amoureuses plutôt décevantes avec des bi dans son essai Les bi, notre douloureux problème. Gloria de La Jaquette nous propose un extrait d'un essai anthropologique sur le coming out : les difficultés de vivre son homosexualité à l'adolescence, Quand l'autre en soi grandit Un extrait de biographie mouvementée t'est ensuite proposé par Uranistasia Aporinosis. Elle se souvient d'avoir été Enragé à 16 ans, ya fort longtemps. Nouvelles pédagogiques. Pour clore le dossier, Selfmaid Bambino se penche sur les questions pédagogiques théoriques et pratiques liées à l'homosexualité et au coming out. Il remplacerait bien " L'école de la normalité " par " L'école de la diversité. Il n'y a pas que le ministère de l'Education qui coince. On a aussi à faire aux enseignants fachos. En deuxième partie l'association ABQ propose des moyens concrets et pratiques pour une information authentique dans les classes d'écoles. Je te souhaite une lecture enrichissante. Nuttella de Lirio, rédactrice.
|
|